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Reconvertir une friche polluée : qui paie, jusqu'où, et c'est écrit.
Ancien exploitant, propriétaire, aménageur, collectivité : chacun a une part de responsabilité, et le coût de la dépollution dépend de l'usage futur. Nous aidons les partenaires à répartir la charge selon des règles écrites, avant que le chantier ne révèle les surprises.

Là où la décision peut céder.
Un coût qui dépend de l'usage
Dépolluer pour des logements ou pour un parc de stationnement n'a pas le même prix : l'usage futur se décide avant le budget.
Des responsables par ordre de priorité
Le dernier exploitant ou le tiers qui s'est substitué à lui, puis, à défaut, le propriétaire négligent : la loi fixe l'ordre, le montage doit le respecter.
Les surprises du chantier
Une pollution plus étendue que prévu fait exploser le bilan : qui paie le surcoût doit être écrit avant.
5 étapes, dans cet ordre.
L'état des connaissances
Études de sols, historique du site, obligations de l'ancien exploitant, usage projeté.
Les responsabilités
Qui doit quoi selon le code de l'environnement : ancien exploitant, tiers demandeur, maître d'ouvrage du nouvel usage.
Les scénarios de répartition
Prix de cession, prise en charge par l'aménageur, participation publique, clause de révision si la pollution dépasse l'étude.
Le choix du montage
Cession avec charges, concession d'aménagement, société commune : comparés sur les mêmes critères.
Les règles écrites
Qui paie le surcoût, qui décide de l'arrêt ou de la poursuite, comment on se répartit les risques.
Des pièces qui se relisent.
La comparaison des scénarios
Chaque répartition chiffrée et notée : coût pour chacun, risque, délai, acceptabilité.
La clause de partage des risques
Le texte qui dit qui paie quoi si la pollution dépasse l'étude, prêt pour vos conseils et avocats.
Coût de dépollution pris en charge par l'aménageur, intégré au prix de cession.
Surcoût partagé 50/50 entre l'aménageur et la collectivité, sur justificatifs du bureau d'études certifié.
Si le surcoût dépasse 30 % : réunion des partenaires et choix écrit entre poursuite, changement d'usage ou arrêt.
- Durée
- Le temps de la décision, ou un accompagnement jusqu'à la signature.
- Ce qu'il nous faut
- Les études de sols, l'historique du site, le projet d'usage, les échanges avec l'ancien exploitant.
- Comment nous confier la mission
- Pour la collectivité, pour l'aménageur, ou pour la structure commune quand c'est elle qui nous mandate ; jamais pour deux parties l'une contre l'autre.
Les règles qui s'appliquent.
Charte, art. 4Code de l'environnement
Le pollueur paie
Les frais de prévention et de lutte contre la pollution sont supportés par le pollueur ; toute personne contribue à la réparation des dommages qu'elle cause.
L'ordre des responsables
Le dernier exploitant ou la personne qui s'est substituée à lui, et à défaut le propriétaire du terrain s'il a été négligent ou n'est pas étranger à la pollution.
Le tiers demandeur
Un tiers peut se substituer à l'exploitant, avec son accord et celui du préfet, pour réhabiliter le site selon l'usage qu'il projette, avec des garanties financières.
Le changement d'usage
Le maître d'ouvrage à l'initiative d'un nouvel usage définit et met en œuvre les mesures de gestion de la pollution, attestées par un bureau d'études certifié.
Une société commune possible
La collectivité peut s'associer à un opérateur choisi par mise en concurrence dans une société d'économie mixte à opération unique.
Fonds friches et fonds vert : ce que l'aide change au partage.
Le fonds friches est né à la fin de l'année 2020, dans le plan de relance. Il a pris la forme de trois appels à projets lancés entre 2021 et 2022. Son objet : couvrir le déficit d'une opération d'aménagement sur une friche, ce surcoût de démolition, de dépollution ou de restructuration que les recettes de cession ne compensent pas. Il intervient en dernier, une fois les autres financeurs mobilisés.
Depuis 2023, le dispositif continue dans le fonds vert (fonds d'accélération de la transition écologique dans les territoires), sous le nom de mesure « recyclage foncier ». Le fonds vert est reconduit en 2026 avec une enveloppe initiale de 837 millions d'euros pour l'ensemble de ses mesures, et la sobriété foncière figure parmi ses trois priorités de l'année.
En 2026, la mesure peut financer des études, y compris celles de la méthodologie nationale des sites et sols pollués, des acquisitions foncières, des travaux de démolition, de dépollution, de réhabilitation de bâtiments, de restauration écologique des sols et d'aménagement, pour combler tout ou partie du déficit. Elle ne vise que les opérations dont le bilan reste déficitaire après toutes les autres subventions publiques. Elle ne se substitue pas aux autres financements.
Pour une friche polluée issue d'une installation classée ou d'une mine, le cahier d'accompagnement de 2024 réserve l'aide aux cas où le responsable de la pollution est défaillant, inconnu, ou ne peut pas être astreint à payer. Les dépenses de dépollution doivent être chiffrées par des études, notamment un plan de gestion. Le même cahier confie ces dossiers à l'ADEME, les autres friches aux directions départementales des territoires, et la coordination à la DREAL sous l'autorité du préfet de région, qui valide la liste des lauréats : l'interlocuteur se confirme auprès de la préfecture avant le dépôt.
Déposent les maîtres d'ouvrage de l'opération : collectivités et établissements publics locaux, établissements publics de l'État, aménageurs publics, organismes de foncier solidaire, bailleurs sociaux, et entreprises ou associations avec l'accord de la collectivité compétente en urbanisme, dans le respect des règles européennes sur les aides d'État. En concession d'aménagement, le cahier de 2024 recommande que le concessionnaire dépose, puisqu'il engage les dépenses. Le dossier se dépose en ligne sur Démarches simplifiées, depuis Aides-territoires ; un échange préalable avec la préfecture ou la direction départementale des territoires est recommandé.
Dans son rapport publié le 23 janvier 2026, la Cour des comptes chiffre à 1,4 milliard d'euros l'enveloppe du fonds friches et du recyclage foncier du fonds vert entre 2021 et 2024, soit environ 350 millions par an. Ces crédits ont financé 2 778 projets, pour une aide moyenne d'environ 500 000 euros, portés à 61 % par des collectivités ou leurs opérateurs. La Cour estime que la subvention n'a eu un effet déclencheur que pour 30 % des projets de son échantillon, que 2 750 hectares auraient été recyclés sur les 3 375 annoncés, et que 22 % des crédits de paiement n'étaient pas consommés fin 2024. Elle recommande de resserrer les critères d'éligibilité et de mieux suivre les projets.
Pour les partenaires d'une reconversion, la subvention n'est pas un bonus : elle modifie le partage du coût. Le principe pollueur-payeur passe avant elle, puisque l'aide exclut la dépollution quand le responsable peut être astreint à payer. Elle entre ensuite dans le bilan de l'opération comme une recette, calculée sur un déficit prévisionnel. Selon le cahier de 2024, son montant n'est jamais révisé à la hausse, le solde est recalculé sur le déficit actualisé, et l'aide se rembourse si le programme annoncé n'est pas tenu. Un surcoût apparu après la décision reste donc à répartir entre la collectivité, l'aménageur et, le cas échéant, l'ancien exploitant : la clause de partage des risques doit le dire.
- Établir qui doit dépolluer selon le code de l'environnement avant de chiffrer l'aide : selon le cahier de 2024, ce que le responsable de la pollution doit payer n'est pas finançable.
- Chiffrer la dépollution sur un plan de gestion et arrêter l'usage futur : le montant éligible en dépend.
- Monter le bilan d'aménagement au format demandé, avec le déficit, les autres subventions et l'aide sollicitée.
- Déposer avant de lancer les postes de dépenses aidés : selon le cahier de 2024, l'exécution ne commence pas avant l'accusé de réception, sauf urgence.
- Prévoir une participation minimale de 20 % du maître d'ouvrage (cahier de 2024, article L. 1111-10 du CGCT).
- Écrire dans la convention entre partenaires qui porte le risque d'une aide plus faible que prévu, refusée ou à rembourser.
Sources : Cour des comptes, Le fonds friches et les mesures de recyclage du foncier, 23 janvier 2026 ; Cour des comptes, synthèse du rapport public thématique, janvier 2026 ; Ministère de l'aménagement du territoire, La mesure recyclage foncier du Fonds vert ; Ministère de la transition écologique, Fonds vert (page mise à jour le 8 juillet 2026) ; Le Fonds vert : guide à l'intention des décideurs locaux, mars 2026 ; Fonds vert, axe 3, recyclage foncier : cahier d'accompagnement, édition 2024 ; Aides-territoires, Recycler le foncier (friches).
Avant de nous confier le dossier.
Le fonds friches existe-t-il encore ?
Plus sous ce nom. Lancé fin 2020 dans le plan de relance, il a été pérennisé à partir de 2023 dans le fonds vert, sous la forme de la mesure « recyclage foncier ». Le fonds vert est reconduit en 2026 et la demande se dépose sur Démarches simplifiées, depuis Aides-territoires.
Le fonds vert peut-il payer la dépollution à la place de l'ancien exploitant ?
Non. Pour une ancienne installation classée ou une mine, l'aide ne couvre la dépollution que si le responsable est défaillant, inconnu, ou ne peut pas être astreint à payer (cahier d'accompagnement de 2024, article L. 556-3 du code de l'environnement). Quand un responsable doit payer, sa part ne relève pas de l'aide publique.
L'ancien exploitant doit-il tout payer ?
Il doit remettre le site en état pour l'usage prévu lors de la cessation d'activité. Si un usage plus sensible est choisi ensuite, les mesures supplémentaires reviennent au maître d'ouvrage du nouvel usage (articles L. 556-1 et L. 556-3 du code de l'environnement).
Qu'est-ce qu'un tiers demandeur ?
Un aménageur ou un investisseur qui se substitue à l'exploitant, avec son accord et l'autorisation du préfet, pour réhabiliter le site selon l'usage qu'il projette ; il doit disposer de capacités techniques et de garanties financières (article L. 512-21).
Qui paie si l'exploitant a disparu ?
L'État peut, avec le concours éventuel des collectivités, confier la réhabilitation à l'ADEME (article L. 556-3). Le propriétaire du terrain peut être recherché s'il a été négligent ou n'est pas étranger à la pollution.
Pour qui intervenez-vous ?
Pour une seule partie, ou pour la structure commune quand c'est elle qui nous mandate. Jamais pour deux partenaires l'un contre l'autre. à vérifier
Exposez-nous le dossier.
Un premier échange pour comprendre votre consultation et vous dire comment nous pouvons aider. Ou écrivez-nous : contact@gareldecision.com